Peut-on semer des agrumes? Avec l’aide de T.C.k


RQ : Les images avec un cadre magenta ont un lien internet


Oui, mais:







Quel avantage de semer?

Aucun! Sauf le plaisir d’avoir une belle plante pour laquelle il faudra attendre longtemps pour avoir des fruits. Et on ne sait pas quel cultivar cela donnera. Ou si on veut récupérer des variétés hors d’Europe, car il est interdit de ramener des plantes ou boutures sous peine d’amener des maladies non encore en France, voir la page Passeport. Pour gagner du temps, on peut greffer sur un poncirus âgé, ça accélère un peu la mise à fruit. Ou mieux, la double greffe, Poncirus/Satsuma/Greffon.

Privilégiez les autres méthodes. La greffe est la seule à s’adapter aux maladies et à la nature du terrain. Mais il faudra prévoir de faire pousser ou acheter des des porte-greffes au moins 2 ans avant la greffe. Voir les méthodes de greffe.

Le marcottage et la bouture donnent un clone exact de l’arbre mère. Le marcottage donne de meilleurs résultats, mais il demande à avoir accès à l’arbre mère pendant plusieurs mois. La bouture est plus difficile, selon les cultivars. Les racines sont souvent moins développées par rapport aux semis ou aux greffes car il n’y a pas toujours de racine pivot. Ces plantes sont plus fragiles, en pleine terre, au vent et à la sécheresse. Mais pour les plantes en pot, ces procédés fonctionnent très bien pour les citronniers, les cédratiers, les limes et les caviars.

Il est possible de faire une greffe et une bouture en même temps. Voir la vidéo. On peut se demander le nombre de succès de cette méthode, principalement pratiquée en Italie.

Ci-dessus, l’estimation du temps pour avoir des fruits. La mise à fruit de la bouture peut être de 3 ans pour certaines variétés.



Du pépin a la première fleur en quelques semaines par TY CITRIK


Au cours de leur développement de nombreuses plantes ligneuses issues de semis passent par une phase juvénile caractérisée par une absence de fleurs ainsi que de nombreux traits distinctifs relatifs à la forme des feuilles, la croissance, la forme des rameaux et la vigueur. Chez les agrumes, le stade juvénile est marqué, outre l’absence de fleurs, par une forte vigueur, un port érigé/dressé et la présence de nombreuses épines de grande dimension.


Généralement, les agrumes issus de semis fleurissent au bout de 3 à 10 ans selon les variétés : 3-4 ans pour les citrons verts, 5-6 ans pour les citrons jaunes, 5-7 ans pour les mandarines, 6-7 ans pour les oranges douces, 7-8 ans pour les pomelos, 10 ans et plus pour les pamplemousses. Mais certains cultivars de Tangelo obtenus dans le cadre de recherches agronomiques ont mis plus de 20 ans avant de commencer à fleurir ! Et sur un même plant, le passage de la phase juvénile à la phase mature ne se produit pas au même moment partout. Les départs issus directement du tronc (les gourmands) produisent automatiquement des branches en phase juvénile qui ne produiront des fleurs que sur les rameaux issus des bourgeons auxiliaires 1 à 2 ans plus tard.


La très longue durée de la jeunesse, de la graine à la floraison, est l’un des principaux obstacles au développement de la sélection des agrumes ; elle constitue un défi pour les programmes d’amélioration génétique. Les chercheurs et les producteurs ont adopté différentes stratégies pour tenter de la réduire telles que l’utilisation de porte-greffes à faible développement, l’application de phyto-régulateurs ou la soumission des plantes aux stress abiotiques (effeuillage, annelage, basses températures, sécheresse, etc.). La plus efficace s’est avérée être celle qui consiste à greffer des rameaux immatures de jeunes plants sur des arbres adultes et à former les plants greffés sur des treillis horizontaux. Cependant, cette méthode n’est pas en mesure de raccourcir la juvénilité des semis au-delà de trois à cinq ans.


Paradoxalement, la floraison précoce chez les jeunes plants âgés de quelques mois à 1 an est un phénomène connu chez de nombreux cultivars d’agrumes à phase juvénile très longue, notamment les pomelos, les yuzus, les mandarines et leurs hybrides avec un taux moyen d’occurrence d’environ 6 %. Les accessions d’agrumes produisant des plants à floraison précoce constituant un matériel intéressant pour obtenir rapidement de nouvelles variétés, les mécanismes génétiques qui régulent la floraison font actuellement l’objet de nombreuses études.


Les premiers résultats indiquent que la combinaison de plusieurs gènes est nécessaire pour induire une floraison précoce et viable permettant la fructification. Les études impliquant la modification simple des gènes habituellement impliqués dans la floraison précoce d’espèces proches (LEAFY ou APETALA 1) n’ont engendré que des plants à la floraison anormale empêchant toute fructification.


La floraison précoce a été observée principalement chez les plantules zygotiques (issues d’embryons résultant de la fécondation du pistil par du pollen et comportant un patrimoine génétique issu des deux parents) issues de pomelos, pamplemousses, yuzus et mandarines, indiquant que les gènes impliqués ne sont pas dominants. En hybridant de nouveau les plants ayant eu une floraison précoce avec l’un de leurs parents, on obtient avec certaines combinaisons une floraison intervenant dès la 1re année après le semis dans 30 % des cas avec l’hybride HY16 [yuzu × (yuzu × tachibana = hanayuzu)]. Et même 71 % en rehybridant le HY16 avec le pamplemousse « Foster Pink », une des rares variétés dont les plants issus d’embryons nucellaires présentent une floraison précoce et fréquente.


Le bourgeon floral se développe à l’apex de la pousse dès que la plantule a développé en moyenne 9 feuilles. Il produit une fleur unique qui éclôt généralement au cours du 8ème mois suivant le semis, au bout de 18 semaines pour les plus précoces observés !


Cette fleur précoce présente très souvent un calice imparfait composé de trois à cinq pétales de forme irrégulière. Si la fleur présente un pistil fonctionnel, elle est atteinte de stérilité mâle ; elle ne produit pas de pollen ou celui-ci n’est pas viable. Aux générations suivantes, les hybrides issus des pomelos et pamplemousses se remettent à produire des fleurs parfaites (pistil fonctionnel et pollen viable). De leur côté, les hybrides issus de yuzus et mandarines sont tous affectés de stérilité mâle ; ils présentent une plus forte propension à la parthénocarpie et leurs fruits ne comportent pas de pépins.


Si dans la réalité, à notre niveau, l’obtention de fruits jusqu’à complète maturité issus de plants francs de moins de 2 ans est illusoire, en laboratoire, les chercheurs y parviennent en seulement 22 mois sur le HY16-G (HY16 × « Foster Pink ») !


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Floraison précoce issus de croisements avec un hybride d'agrumes (en anglais) Floraison précoce issus de croisements avec un hybride d'agrumes (en français)